La Sauce


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La sauce noire

Parole

Je ne suis qu'un clown triste.

Je ne suis qu'un clown triste et même pas drôle.
Perdu dans mes vices, perdu dans ma gnôle.
Quand je débarque pour animer l'annif' de ton fils.
Je ne tiens pas debout et en plus, je sens la pisse.
Mais, putain! Pourquoi j'ai pris ce costume ?
Tout le monde a le sien, ici-bas, c'est la coutume.
À croire que montrer son vrai visage, c'est malsain.
J'aurais pu être médecin… Franchement, je crains.

Un vieux clown, rien qui ne vaille d'estime.
Ça fait plus de dix ans que je traîne cette déprime.
Dix ans que je cache trop mal ma misère.
Dix ans sans un sourire sincère.
Le pire, c'est ça: Je ne me bats même pas.
Alors que je n'ai jamais du faire face à un vrai combat.
Pourquoi je ne me suis pas encore suicidé?
J'ai encore trop de haine à évacuer...

Je ne suis qu'un clown triste, un putain de cliché.
Comme un père noël complètement bourré.
Je fais pitié mais, tu vas bientôt la demander.
Reste éloigné ou ton sang va couler!

Si je partais maintenant, je resterais sur Terre.
Je virerais poltergeist, et te ferais vivre l'enfer.
Alors, je sors tard le soir bien maquillé.
Quand j'apparais, tu sais que c'est terminé.
Je n'ai plus rien à perdre, je me rends utile.
Sur cette planète, il y a bien trop d'imbéciles.
De connards, de grognasses, de merde en tous genres.
Ta vie ne sert à rien donc, je vais la prendre.

Le bouffon dépressif se fait sanguinaire.
Ce n'est pas un creepypasta, c'est ton frère par terre.
Avec le crâne ouvert et son sang sur le visage.
Putain! Que ça fait du bien d'expulser sa rage.
Mon sourire est un peu plus sincère...
Ma bouche est pleine de ce goût de fer…
Pour le bien de l'humanité, je devrais être en cage!
RAB! C'est gratuit! Ma vie n'est qu'un naufrage…


La rage de deux continents.



Cette vie est une merde, obligé de pelleter.
Je suis un fossoyeur mais mon cimetière est si éloigné.
Je pense au nord du Congo, au Kasaï bien sur.
À tous les coins de l'Afrique où sortir n'est pas sûr.
J'ai perdu des proches, apparemment, c'est ça la vie.
Je n'ai rien dans les poches pour moi ou ma famille.
Je suis ici, sans même connaître la Terre-mère.
J'irai un jour tellement ça me broie les viscères.
Fils de muluba, fier et fort.
Qui a émigré pour perpétuer la vie.
Je pète les plombs depuis que Pa est mort.
Mais, je sais qu'il me giflerait s'il n'était pas parti.
J'ai la couleur de l'Afrique sans avoir jamais été.
Je mange comme mes frères, noirs ou métissés.
Je n'oublierai jamais qu'on est l'homme à l'origine.
Et encore moins comment le monde nous opprime.

À moitié noir, à moitié blanc.
Dans le sang, la rage de deux continents.
Je peux être un animal comme un noir qui fait la guerre.
Et, comme un blanc, je te mets aux fers!!

Il y a deux mille ans, un des maîtres du monde
Traverse la Gaule, il faut qu'il nous affronte.
Il a peut-être gagné mais, de tous ses ennemis
Les Nerviens et les Aquatiques sont restés dans son esprit.
Voilà l'autre côté de mon ADN.
Comme un wallon face à un romain, j'ai la haine.
Regarde-nous sortir des bois avec nos épées à deux mains.
À cette image, tu sais que tu ne verras pas demain.
Je suis à moitié blanc... Tu peux frémir.
Quand tu vois tout le mal qui peut advenir
Quand l'homme blanc s'en mêle, la Terre tremble.
Et encore, tu as de la chance: On n'est pas tous ensemble…
Moi, c'est DBK le rouge et noir!
Si la rage divine de moi s'empare,
Je suis capable de défoncer toutes les couleurs.
Le gaulois wallon peut causer tant de douleurs...

Laisse-moi tout au fond.


Je suis au fond de mon trou, à gésir.
Mes forces m'ont quitté, je n'ai plus de désir.
Je veux ma tranquillité et ma solitude.
Ne viens pas m'emmerder, ce sera rude.
Mes rêves, d'habitude, je ne m'en rappelle jamais.
Mais, la nuit dernière, c'est arrivé.
J'étais couché sur le sable au fond de l'océan.
À mater dix mètres d'eau me dominant.
Je ne suis pas un animal aquatique.
Mais là, j'en avais juste rien à foutre.
Je crois que j'ai atteint un seuil critique.
Je dois me bouger ou c'est la corde et la poutre.

Pont l'esco

Laisse-moi tout au fond. Je suis moribond.
Je ne suis même pas sûr que ça soit assez profond.

Je suis au fond de mon trou, à gésir.
Parfois, je pense même à mourir.
Plus de rire... Laisse-moi devant mon pc.
Avec les souvenirs de tout ce que j'ai foiré.
Je ne supporte plus les gens, je deviens asocial.
Cache ton bonheur, ça réveille l'animal.
Voir du monde est déjà insupportable.
Alors, si ça sourit, rit, je deviens irritable.
Laissez-moi seul au fond de l'océan.
J'endors ma rage à longueur de temps.
Et c'est le mieux: Si elle se réveille,
Il y aura des funérailles et un flot de liquide vermeil...

Pont l'esco


Accoster au couchant, appareiller au levant

Putain ! C'est toujours la même chose.
Moi qui rêvais d'une vie toute en rose.
Mais, elle est sombre, ténébreuse, comme La Sauce aujourd'hui.
Depuis mes neufs balais, j'ai vécu, j'ai appris.
Tout espoir est mort en mon c?ur à présent.
Je ne suis pas fait pour ça, je dois me faire une raison.
Il fait gris ici-bas, rien n'est tout noir ou tout blanc.
Comme le pirate a le rhum, moi, j'ai la passion.
Et, je sais qu'au fond, ça ne pisse pas loin.
C'est toujours mieux que perpétuer la même erreur, au moins.
À chaque fois, je souffre et en plus, je foire…
Fini les romances, les meufs et leurs histoires !
Je ne veux plus rien entendre… Espérer.
Ne plus jamais entreprendre… Me lier.
Je dois grandir… Laisser ces conneries au passé.
Et ne pas mourir… Juste changer ma manière de jouer.

J'ai été con, des années, à croire en l'assertivité.
Dans un couple, il y a toujours un dominant, un dominé.
Je suis un flibustier, c'est comme ça, pas autrement.
Accoster au couchant, appareiller au levant.

La vie est un jeu, l'amour, c'est pareil.
Il y a toujours un gagnant et, toujours un perdant.
Je sais qu'au fond de moi, un salaud sommeille.
Et boire à cause d'une femme, c'est vraiment affligeant.
Il y a du changement: J'accepte mon côté sombre.
T'inquiètes, mon but n'est pas de briser des c?urs en nombre.
Je dois juste changer l'artichaut qui palpite dans ma poitrine
En quelque chose d'assez froid pour éviter les déprimes.
Accoster au couchant, appareiller au levant.
Une nuit dans ses bras et, je suis le fils du vent.
Je dois me protéger, je dois continuer d'avancer.
J'en ai marre d'être un looser… Ça me fait chier.
Soit tu tiens le fouet, soit tu prends les coups.
J'ai eu trop souvent l'impression d'être à genoux.
Et puis, je n'ai rien à offrir: Je suis sans le sou.
Tout ça n'a pas vraiment d'importance, après tout.

Je veux te faire du mal

Voilà un bon son bien gras, testostérone, tout ça.
Sens-tu mon poing arriver sur ton visage ? T'as ré-foi!
Je suis en mode Yuri Boyka, un lion rugit en moi!
En gros, tu es dans la merde, j'ai la rage et c'est pour toi.
J'ai roulé au rhum mais, pas pour faire la fête.
Tu as lorgné ma trogne, eh bien, je veux ta tête!
Je suis peut-être un ivrogne mais, j'ai la boxe de l'homme soûl!
En plus, je suis stone, tu ne mourras peut-être pas après tout!!
Mais, tu vas manger mes coups, et je vise ta gueule.
Coups de coude, de boule, de genou... Et t'es tout seul!
T'as touché la mi-fa? Je ruine ta vie!
Le mal est en moi, la mienne est déjà finie...
Ce n'est pas encore mon heure et, tu es en face de moi.
Tu vas protéger ta tête et, je t'atteindrai au foie.
Pluie de coups à la Ip Man, tu ne vas rien faire.
Car, pour le plaisir, j'amène l'enfer sur Terre!

Je veux voir ton sang couler!...
Ta mâchoire se déboiter!...
Je veux te faire du mal, car c'est mon plaisir.
Prends mon mal que je puisse encore rire!
Je veux entendre tes os craquer!...
La douleur te faire hurler!...
Je veux te faire du mal, car c'est mon plaisir.
Prends mon mal que je puisse encore rire!

Je suis peut-être un petit singe mais, j'ai la force d'un gorille.
Je suis la foule qui te lynche et, à la fin, tu supplies.
Tu crois que tu n'as rien fait, que c'est totalement gratuit.
Ouais, j'admets! Rien à foutre, subis!
Cette vie m'a amené à saturation.
Comme une casserole à pression, je suis près de l'explosion!
Pas de chance... Tu es mon sac de sable.
Sens à quel point, face à moi, tu es minable!
Je suis le malade qui te balance son sperme dans le silence des agneaux!
Tu rêves... Non, tu cauchemardes! Je ne suis pas derrière les barreaux!!
Ne croise pas mon regard, ce noir est trop profond.
Et, il y a un animal mythologique tapi au fond!
C'est l'heure de la guerre pour moi...
Ne me laisse pas sortir de la cave…
Car personne ne me retiendra…
Et la situation sera encore plus grave!!!



Putain de saison

Je hais l'été, ici, il fait trop chaud.
Je n'arrête pas de me faire bouffer, imagine ma peau.
Je sue comme un porc, je me liquéfie.
J'ai l'impression de puer dès le saut du lit.
La douche ne sert à rien, après 5 minutes à peine.
Je suis déjà en mode homme-fontaine.
Je déteste ça, merde! Je ne peux pas faire dix mètres.
Tu peux me suivre à la trace, je sème les gouttelettes.
Aucune énergie, je me ramollis, je suis sans vie.
Je phase le jour et je vis la nuit.
Et à poil... Ou je me change trois fois par jour.
L'eau coûte cher et faire la lessive, c'est lourd.
Dès le mois de juin, je me mets à prier.
Bordel! Vivement que les vacances soient terminées.
Trois mois à risquer la déshydratation.
La chaleur m'enfonce dans la dépression.

Putain de saison! Je n'arrête pas de suer...
Je me fais chier et je n'ai pas envie de bouger.
Voir des gens souriants, ça me fait déprimer.
Je suis ce pauvre connard qui exècre l'été.

Les vacances, je les hais car je ne les mérite pas.
Vu que je n'ai rien fait de l'année, je ne pars pas.
Ça fait une éternité que je n'ai pas quitté le pays.
J'ai besoin de changer d'air et ça m'est interdit.
Pour tout le monde c'est la joie, je ne la ressens pas.
C'est l'heure des barbec's, mais je ne veux pas sortir de chez moi.
Je pollue les autres avec ma négativité.
Alors, je préfère rester seul et enfermé.
Je dois être jaloux, je le reconnais.
Mais, pourquoi je ferais chier ceux qui ne m'ont rien fait?
Donc, j'hiberne l'été comme un animal bizarre.
Je finirai seul, tôt ou tard...
Enfin, c'est le premier septembre aujourd'hui.
Il a plu cette nuit, c'est enfin fini.
Et, j'ai des choses à faire même si ce n'est pas génial.
Au final, je suis un pauvre type banal.


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